Un partenariat pour le M2 Droit social
Avec la Direction Générale du Travail
Composante : École de Droit de la Sorbonne
Porteur de projet : Bérénice Bauduin et Pascal Lokiec
Public principal : M2 Droit social
Période : 2025-2026 et suivante

Les étudiants en ressortent grandis !
« Ce partenariat requiert beaucoup d’énergie mais il est particulièrement motivant et formateur. Pour nos étudiantes et étudiants, c’est aussi une très belle expérience de travail collectif »
Bérénice BAUDUIN et Pascal LOKIEC
Les étudiants du M2 à l'estrade lors sur colloque au Ministère du travail en avril 2026
© Lamine BOUAZIZ
C’est la Direction Générale du Travail (DGT) qui a approché l’équipe pédagogique pour ce partenariat. Les enseignants ont répondu avec enthousiasme à cette proposition de collaboration. De quoi s’agit-il ? Les étudiants de Master 2 Droit social sont invités à « plancher » pendant six mois sur un corpus de données réelles. Objectif : extraire de trois cents accords collectifs issus de négociations d’entreprises les éléments clés relatifs aux parcours syndicaux : la communication sur ces parcours syndicaux existe-t-elle au sein de l’entreprise et est-elle suffisamment visible ? Les accords permettent-ils de valoriser les compétences acquises par les responsables syndicaux mandatés et de les reconnaître dans leurs carrières ? Leur formation est-elle adaptée à une véritable consolidation du dialogue social ? Les entretiens prévus par la loi sont-ils effectifs ? Les accords se contentent-ils du respect strict des obligations légales ou vont-ils plus loin ? Quelles bonnes pratiques peut-on observer sur le terrain qui permettent de valoriser les parcours syndicaux au-delà des obligations réglementaires ? Autant de questions très concrètes qui sont au cœur de l’application du droit du travail.
Le rapport d’étude rédigé par les étudiants sous la coordination de Bérénice Bauduin et Pascal Lokiec a fait l’objet d’une restitution publique à l’occasion d’un colloque organisé au Ministère du travail le 22 avril 2026 avant d’être publié sur le site de la DGT. Pour les étudiants, ce travail collectif est une authentique contribution à la vie publique et une immersion dans les conditions réelles de la négociation collective. Pour la DGT, cette action s’inscrit dans une enquête plus large sur ce que représente le dialogue social pour les jeunes générations.
Une préparation partenariale importante en amont
Bérénice Bauduin et Pascal Lokiec ont soigneusement préparé ce dispositif pédagogique. Plusieurs réunions avec la DGT ont eu lieu dès février 2025 (soit six mois avant le démarrage effectif du projet avec les étudiants). La thématique, la valorisation des parcours syndicaux et électifs, a été fixée de concert avec la DGT tout comme les grilles d’analyse destinées à guider le travail des étudiants.
Pour l’équipe enseignante, un projet partenarial de cette ampleur est inédit. Le corpus de plus de trois cents accords d’entreprise est « énorme » selon leurs propres mots. Faire collaborer une trentaine d’étudiants autour d’un tel corpus est une véritable gageure qui demande une planification rigoureuse et un accompagnement fort. Les enseignants soulignent aussi que de tels projets ne sont pas aisément réalisables hors partenariat : non seulement ils n’auraient pas le même enjeu en termes d’action publique, mais surtout, l’extraction des données pertinentes – quoiqu’elles soient théoriquement disponibles en « open data » – serait factuellement irréalisable. L’aide technique de la DGT pour la mise à disposition du corpus sous un format exploitable par les étudiants est un élément stratégique de ce projet, tout autant que la définition d’axes d’analyse répondant à des besoins actuels et concrets de la vie publique. Le partenariat a également un impact sur la valorisation du projet dans la mesure où la DGT s’engage à diffuser le rapport d’étude sur son site internet.
Une méthodologie bien pensée et un cadre numérique ergonomique
Pour être dans les temps et relever le défi, il fallait anticiper toutes les étapes et adopter un calendrier très clair avec des consignes précises. Cela repose sur une coordination au cordeau. Madame Hélène Pradas-Billaud, cheffe du bureau de la négociation d’entreprises à la DGT et porteuse du projet dans ce cadre s’est déplacée, avec son équipe, au début de l’année universitaire pour rencontrer la promotion. Cette rencontre a permis aux étudiants de se forger une représentation des attentes et de s’engager sans tarder dans le projet. Elle leur a également donné l’occasion d’appréhender les métiers du service public au service de la négociation collective.
Le calendrier est fixé par l’équipe enseignante :
- De septembre à décembre : analyse des accords en sous-groupes
- De janvier à mars : rédaction collaborative du rapport
- Courant mars : révision du rapport par les responsables pédagogiques
- Début avril : livraison du rapport de 136 pages à la DGT
- Désignation des porte-parole du groupe par les étudiants sur la base du volontariat
- Fin avril : intervention du groupe Paris 1 au colloque organisé dans les locaux de la DGT
Un EPI a été confectionné pour faciliter la coordination et le travail des groupes. L’EPI assigne à chacun des sept groupes de cinq étudiants une partie du corpus à analyser sous forme de « packs » (soit une quarantaine de négociations par groupe). La grille d’analyse destinée à guider le travail des étudiants est déposée sur l’EPI. Un forum est ouvert, mais il ne sera pas utilisé, les étudiants et étudiantes préférant solliciter leurs enseignants oralement en fin de cours.
Durant l’étape d’analyse et de remplissage des grilles, les groupes opèrent en travail collaboratif et discutent collectivement chacun des points. Ils utilisent librement les outils de communication asynchrones qu’ils souhaitent ou peuvent se réunir en présentiel à leur convenance. Ils ont également le droit d’utiliser l’intelligence artificielle pour le traitement du corpus qui leur est attribué, mais avec prudence et mesure. Il n’y a pas de formation spécifique à l’utilisation de l’outil et son usage n’est pas obligatoire. Les enseignants ont insisté sur la nécessité de vérifier soigneusement l’exactitude des citations de clauses. Des points d’étape sont organisés à plusieurs reprises pendant l’année avec les étudiants.
La rédaction du rapport de 136 pages a, elle aussi, été répartie entre groupes d’étudiants : chaque groupe a été chargé de la rédaction d’une partie de ce document. Le rendu final a été relu et harmonisé par les deux enseignants avant d’être transmis à la DGT.
Le grand jour de la présentation
Fin avril, les étudiants se rendent dans les locaux de la DGT pour la restitution publique. Leur intervention est portée par les quatre étudiants volontaires pour représenter le master devant une centaine de participants. Parmi ceux-ci, on compte des personnalités du Ministère et de la DGT (notamment M. Olivier Farandou, ministre du travail, M. Pierre Ramain Directeur général du travail) ainsi que des experts du dialogue social (notamment Jean-Dominique Simonpoli, Président du conseil d’administration de l’INTEFP, Gilles Gateau, ancien Directeur général de l’APEC, Mme Soazig Sarazain, Fondatrice du cabinet VOXNEGO et Mme Sophie Thiéry, Présidente de la commission travail et emploi du conseil économique, social et environnemental). La présentation sans notes de quinze minutes est suivie d’un rebond par M. Simonpoli puis d’un échange questions-réponses avec la salle d’une demi-heure. Les interventions des étudiants sont assurées et très professionnelles, ce que le public salue et applaudit sans réserve.

Les étudiants et leurs enseignants au Ministère du travail © Lamine BOUAZIZ
Ce que les étudiants ont apprécié et retenu
Malgré la charge de travail très importante que ce projet a généré pour eux, les étudiantes et les étudiants ont beaucoup apprécié cette expérience, très utile pour acquérir de l’assurance et de la confiance avant le début leur activité professionnelle : avocats, magistrats, juristes d’entreprises, inspecteurs du travail etc.
Au-delà de cet avantage du point de vue de l’insertion professionnelle, ils et elles ont notamment souligné :
- Une occasion unique de se plonger dans les textes légaux et leur application concrète
- L’analyse comparée des textes, la pratique de la négociation collective, la rédaction juridique
- L’usage exploratoire de l’intelligence artificielle
- L’apprentissage de la coopération et les discussions de groupes
- L’occasion d’échanger avec des acteurs importants de la vie publique
- L’utilité et la portée normative réelle de leur étude
Un projet enthousiasmant reconduit pour l’année suivante
Trois autres établissements universitaires étaient impliqués dans ce dispositif en 2025-2026, sur des thématiques différentes (emplois des seniors, intelligence artificielle…). Signe de ce que les étudiants du M2 de l’université Paris 1 ont relevé le défi, l’université s’est vue proposer une seconde édition de ce projet pour l’année suivante. La qualité de la prestation doit certes à l’encadrement et à la méthodologie adoptée par les responsables pédagogiques, mais aussi et surtout à l’investissement des étudiants, à la fois dans la préparation et la rédaction du rapport, mais aussi dans la présentation de ce dernier au mois d’avril. Les étudiants « porte-parole » de ce M2 se sont incontestablement montrés à la hauteur de l’enjeu lors de la présentation et des échanges publics : crédibles et forçant même le respect !
Documents complémentaires
Teaser du projet pédagogique (4 minutes)
Vidéo des interventions des étudiants de Paris 1 au Ministère du travail (48 minutes)
Le rapport final rédigé par les étudiants du M2 Droit social (PDF 136 pages)
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